CVE et Ile-de-France Energies inaugurent Equimeth, une unité de méthanisation territoriale implantée à Moret-Loing-et-Orvanne en Seine-et-Marne. Il s’agit de la première unité de méthanisation en injection spécialisée dans les biodéchets, de dimension territoriale, mise en service en Ile-de-France. Elle permettra de valoriser les biodéchets de la région, générés dans un rayon maximum de 60 km autour de l’unité. Equimeth produira une énergie verte, locale et stockable, le biométhane, qui sera injecté dans les réseaux de gaz naturel d’Ile-de-France et des engrais naturels qui seront valorisés pour les besoins des cultures locales.

Equimeth, un projet de territoire au service des territoires

Repris par CVE en 2017, Equimeth est un projet de méthanisation territoriale initié en 2008. Après trois ans et demi de développement et un chantier de 12 mois, l’unité entre aujourd’hui en service.

Elle valorisera les biodéchets de la région Ile-de-France, en traitant chaque année jusqu’à 25 000 tonnes de matières organiques issues de la restauration, de l’agroalimentaire et de l’agriculture, soit l’équivalent de 2 fois les invendus alimentaires des hypermarchés de Seine-et-Marne.

En ce sens elle est complémentaire des autres unités de méthanisation actuellement en fonctionnement dans le département qui répondent à un modèle de méthanisation plus agricole. En transformant ces déchets en gaz, le méthaniseur pourra injecter 250 Nm3 de biométhane par heure dans le réseau de gaz exploité par GrDF, soit l’équivalent de la consommation en gaz de 4 000 foyers.

Le biométhane produit alimentera les communes de Moret-Loing-et-Orvanne, Saint-Mammès, Thomery, Champagne-sur-Seine, Avon et Fontainebleau, à hauteur de 15% de la consommation en gaz des habitants de ces communes.

 

Le digestat, engrais organo-minéral produit par le processus de méthanisation, sera ensuite valorisé sous la marque RegeneR dans les champs de 20 agriculteurs partenaires en Seine-et-Marne. Grâce à ses capacités fertilisantes, ce digestat viendra substituer l’utilisation des engrais chimiques minéraux.

Représentant un investissement de près de 12 millions d’euros, ce projet a reçu le soutien financier de la Région Île-de-France pour près de 900 000 euros, de l’ADEME Île-de-France à hauteur de 680 000 euros et du Fonds européen FESI-FEDER pour près de 640 000 euros.

La méthanisation, source de nombreuses externalités positives

Pour Pierre de Froidefond, Co-président et fondateur de CVE, « La méthanisation n’est pas seulement une activité de production d’énergie renouvelable. Elle engendre également de nombreux bénéfices pour nos territoires et la société : comme l’optimisation des ressources naturelles, la valorisation locale des déchets, la protection de la qualité des eaux ou l’amélioration de la résilience des exploitations agricoles. Fruit d’une excellente collaboration avec Ile-de-France Énergies, l’unité d’Equimeth marque une étape significative vers l’autonomie énergétique du territoire et participe à l’atteinte des objectifs de la Région Île-de-France. Nous espérons qu’il pourra inspirer d’autres territoires ».

En effet, clé de voûte de l’intégration au territoire, Île-de-France Énergies, opérateur de transition énergétique de la Région Île-de-France, s’est impliqué aux côtés de CVE dans le projet Equimeth dès la phase de développement. L’opérateur a intégré le capital de la société de projet en décembre 2019 à hauteur de 15%, concrétisant son implication dans la gouvernance d’Equimeth dans la durée.

Pour Benjamin Chkroun, Président du Conseil de Surveillance d’Ile-de-France Energies et Conseiller régional : « C’est l’aboutissement d’un formidable projet bénéficiant à tous les acteurs du territoire : fertilisants pour les agriculteurs, meilleure gestion des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre, créations de filières locales… Île-de-France Energies est fière d’avoir contribué à ce succès ».

La méthanisation, une filière d’avenir en France

Cette inauguration intervient dans un contexte de fort développement de la méthanisation, en France. La méthanisation permet en effet aux grands producteurs de biodéchets (produisant plus de dix tonnes par an) de remplir leurs obligations de tri à la source et retour au sol des déchets organiques depuis le 1er janvier 2016. Cette règlementation sera étendue à l’ensemble des producteurs sans restriction de volume (citoyens compris) au 1er janvier 2024.

Avec la mise en service d’Equimeth, première d’une longue série, CVE accélère dans cette filière d’avenir, permettant à la fois la production d’une énergie renouvelable locale, la valorisation et le traitement de biodéchets du territoire et le développement d’une agriculture plus raisonnée.

La méthanisation, une source d’énergie largement méconnue

Malgré son rapide développement en France, la méthanisation reste peu connue du grand public. Un sondage Opinion Way pour CVE* révèle ainsi que 39% des Français avouent ne pas savoir ce qu’est le gaz vert. La même proportion en a entendu parler, mais ne sait pas de quoi il s’agit précisément !

Cette méconnaissance s’accompagne d’un grand nombre d’idées reçues sur la méthanisation : 44% des personnes interrogées croient ainsi que le processus de méthanisation peut s’avérer dangereux, et générer des explosions. 37% considèrent, par ailleurs, que le traitement des
déchets par méthanisation coûte plus cher que leur incinération ou leur enfouissement.

Les perceptions de la méthanisation ne s’avèrent, heureusement, pas uniquement négatives : pour 71% des personnes interrogées, la méthanisation permet de préserver et de créer des emplois au niveau local. Et pour 62%, la méthanisation contribue à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.

Ces résultats montrent la nécessité de mieux informer le grand public sur la réalité de la méthanisation territoriale. Les projets menés aujourd’hui, parfaitement respectueux de l’environnement, sont conçus de manière à ne pas générer de nuisances. Ces projets sont toujours menés en concertation avec les parties prenantes locales (entreprises agro-alimentaires du territoire, associations de riverains, agriculteurs, élus, défenseurs de la nature) et génèrent des retombées positives, à la fois sur le plan écologique, environnemental et économique.

*Echantillon de 1002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus – interviews réalisées les 10 et 11 février 2021.